District 5

En bref

Des milliers de personnes marchent aujourd'hui dans les rues d'Alma au Lac Saint-Jean pour exiger la fin du lockout et la préservation des emplois à l'aluminerie de Rio Tinto Alcan.

Alma – Des milliers de personnes marchent aujourd'hui dans les rues d'Alma au Lac Saint-Jean pour exiger la fin du lockout et la préservation des emplois à l'aluminerie de Rio Tinto Alcan. Trois mois et un jour après le lockout sauvage de la multinationale, largement subventionnée par les fonds publics, des citoyens de la région, des familles, des travailleurs de partout, des syndicalistes de partout sur la planète ont les yeux rivés sur RTA.

Le président de Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) Jyrki Raina, juge nécessaire le mouvement de résistance à cette compagnie globale. «Les compagnies comme Rio Tinto doivent se rappeler qu'elles font du profit grâce aux communautés dans lesquelles elles évoluent. Elles doivent respecter leurs travailleurs actuels et futurs et cesser de compresser froidement les dépenses de main-d'œuvre, sans égard pour l'économie locale. Si Rio Tinto veut prospérer, elle ne peut briser cet équilibre, rompre le lien qui l'unit à la communauté. C'est vrai au Québec comme en Afrique, en Europe ou en Australie», fait valoir le syndicaliste qui participait hier à une rencontre conjointe de la FIOM et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) à Alma.

Le lockout de Rio Tinto Alcan est d'autant plus odieux qu'il est financé par les fonds publics en raison de l'entente secrète entre le gouvernement, Hydro-Québec et RTA. « En plus des prêts sans intérêt sur 30 ans, des subventions, de l'électricité presque gratuite, le gouvernement verse à la compagnie 15 millions par mois pour acheter ses surplus d'électricité dont les Québécois n'ont même pas besoin. On rit du monde ! Le premier ministre nous dit qu'il a lâché un coup de fil à la chef de direction de Rio Tinto Alcan, c'est bien. Mais il devait y avoir de la friture sur la ligne entre Québec et Londres, le message ne s'est pas rendu. Les Québécois méritent davantage de respect d'une multinationale qui fait son argent avec notre électricité», lance le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, qui se réjouit de voir autant de drapeaux différents flotter sur Alma, signe que la bataille des lockoutés d'Alma en inspire plusieurs.

Le directeur canadien des Métallos, Ken Neumann, presse pour sa part le gouvernement fédéral d'agir à son tour : «Stephen Harper a failli à la tâche en n'imposant pas de condition à la vente d'Alcan à Rio Tinto en 2007, il n'a pas protégé les emplois. Lui qui aime tant s'immiscer dans les relations de travail, pourquoi n'intervient-il pas auprès de Rio Tinto pour faire cesser ce lockout ignoble ? »

Au sortir de deux journées de négociation, le président de la section locale 9490, Marc Maltais, se sent porté par cette vague de solidarité. «C'est une chose d'aller rencontrer des confrères chez eux pour expliquer le conflit, mais c'est encore plus fort de voir les gens défiler chez nous, dans nos rues,  après des 10, 15, 20 heures de voyage pour nous soutenir. Les gens ont compris que cette bataille dépassait notre nombril, que nous nous battions pour l'avenir, pour que ceux qui suivent aient aussi de bons emplois», affirme Marc Maltais.  

Outre les milliers de manifestants de la région, de l'ensemble du Québec, de Hamilton et de la grande région de Toronto, on compte aussi dans la foule des représentants syndicaux de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l'Afrique du Sud, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des États-Unis, du Mexique et de plusieurs autres pays.

Les 780 travailleurs de l'aluminerie RTA d'Alma ont été jetés à la rue dans la nuit du 30 décembre, 24 heures avant l'obtention du droit de lockout par la compagnie. Le conflit porte sur le remplacement des travailleurs réguliers par des sous-traitants, rémunérés à la moitié du salaire.

Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, est le plus important syndicat du secteur privé au Québec. Il regroupe plus de 60 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs économiques (mines, métallurgie, aluminium, fabrication industrielle, sécurité, hôtellerie, restauration, camionnage, taxi...).

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Renseignements :            

Clairandrée Cauchy 514 774-4001 (en français)
Bob Gallagher 416 434-2221 (en anglais)

www.SolidariteAlma.org

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