Nouvelles

En bref

Le Syndicat des Métallos et ses alliés à l’échelle mondiale saluent la fin du lockout à l’aluminerie de Rio Tinto à Alma comme une grande victoire pour les travailleurs et leurs partisans partout dans le monde.

Les Métallos d'Alma acclamés comme des héros au sein du mouvement ouvrier international

TORONTO - Le Syndicat des Métallos et ses alliés à l'échelle mondiale saluent la fin du lockout à l'aluminerie de Rio Tinto à Alma (Québec), qui en était à son sixième mois, comme une grande victoire pour les travailleurs et leurs partisans partout dans le monde.

Les membres de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos ont ratifié une nouvelle convention collective en grande majorité jeudi. La ratification met fin au lockout que Rio Tinto Alcan avait imposé à 780 Métallos à la fin de décembre 2011.

On s'attend à ce que les Métallos d'Alma reprennent le travail progressivement au cours des prochaines semaines.

« Nous avons été forcés de nous battre contre la troisième société minière en importance au monde et nous avons gagné, a déclaré Leo Gerard, président international du Syndicat des Métallos. Beaucoup de gens croyaient qu'une telle victoire était impossible en raison du déséquilibre du pouvoir, mais nous avons fait savoir à l'industrie primaire à l'échelle de la planète que les travailleurs et les syndicats étaient capables de lutter contre les multinationales géantes pour mettre fin à des demandes injustes. »

« La clé de la victoire réside dans l'immense solidarité que nos membres du Québec ont témoignée et qui a inspiré des syndicats aux quatre coins du monde à les appuyer », a précisé Daniel Roy, directeur québécois du Syndicat des Métallos.

« Lorsque les membres syndiqués partout dans le monde ont appris que nos membres, d'un geste altruiste, s'efforçaient de protéger leur localité et les générations futures de travailleurs, ils leur ont offert soutien et fonds sans compter », a ajouté le directeur.

« Nos membres et leurs familles ont souffert pendant six longs mois, mais ils n'ont jamais abandonné, a renchéri Marc Maltais, président de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos.

« Le conflit a commencé dans la petite ville d'Alma, mais il est devenu une lutte ouvrière déterminante au Québec (Canada) et dans le monde entier, a‑t‑il ajouté. Nos membres retournent à l'aluminerie en tant que héros. »

« Alors qu'ils reprendront le travail, nos membres s'efforceront de rebâtir notre relation avec la direction de Rio Tinto, a mentionné Ken Neumann, directeur national pour le Canada du Syndicat des Métallos.

« Le Syndicat des Métallos maintiendra sa collaboration avec des syndicats partout dans le monde afin d'exiger de Rio Tinto qu'elle respecte les droits des travailleurs et de la personne et l'environnement, a‑t‑il poursuivi. Nous savons que Rio Tinto lancera de nouvelles attaques contre les syndicats et les collectivités. Les Métallos répondront à l'appel afin de les aider à résister aux attaques de Rio Tinto. »

Rio Tinto a mis les travailleurs d'Alma en lockout le 31 décembre 2011 après qu'ils eurent refusé d'accepter la demande de l'entreprise de remplacer les employés prenant leur retraite par des sous-traitants, payés la moitié du salaire sans avantages sociaux.

Le nouveau contrat donne gain de cause aux travailleurs sur le recours accru à la sous-traitance. La sous-traitance se retrouve désormais encadrée et limitée pour toute la durée de la convention collective.

La section locale 9490 et le district québécois du Syndicat des Métallos ont travaillé en étroite collaboration avec la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec pour renforcer le soutien public et mettre au jour un accord secret entre Rio Tinto et la société publique Hydro Québec.

Selon l'accord secret, Hydro Québec permettait à Rio Tinto de lui revendre l'électricité non utilisée de l'aluminerie d'Alma moyennant un coût pouvant atteindre 15 millions de dollars par mois. En fait, les Québécois étaient forcés de financer les attaques de Rio Tinto contre des travailleurs québécois. L'accord secret fait toujours l'objet d'une grande controverse politique au Québec.

Les Métallos du Québec Marc Maltais et Guy Farrell ont parcouru le globe pour rallier le soutien de syndicats à l'égard des travailleurs d'Alma en lockout et mettre sur pied une campagne internationale dynamique. Le 30 mars dernier, 8 000 membres syndiqués de toutes les régions du Canada et des États-Unis, de l'Europe, de l'Afrique et de l'Australie ont participé à un rassemblement historique à Alma.

Un élément clé de la campagne mondiale contre Rio Tinto consistait à exposer l'hypocrisie dont faisait preuve l'entreprise en tant que fournisseur officiel du métal entrant dans la fabrication des 4 700 médailles olympiques des Jeux d'été de 2012 à Londres.

Le Jeux de Londres ont promis d'offrir les Jeux les plus écologiques et les plus durables de l'histoire. Cependant, la désignation officielle accordée à Rio Tinto va à l'encontre de ces principes compte tenu des nombreuses allégations de violations des droits des travailleurs et de la personne et de destruction environnementale portées contre Rio Tinto.

Plus de 13 000 personnes ont rédigé des lettres aux Comités olympiques international et canadien afin de témoigner leur opposition à la participation de Rio Tinto aux Jeux olympiques de Londres (voir www.offthepodium.org).  

Cinquante syndicats nationaux dans 37 pays ont également envoyé des lettres à leurs comités olympiques respectifs demandant que Rio Tinto soit retirée du podium olympique. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays de trois continents, y compris au siège social du Comité international olympique en Suisse.

Les membres de la section locale 392 dans l'État du Utah, qui extraient le métal pour les médailles olympiques, ont également tenu des manifestations et demandé qu'on éloigne Rio Tinto du podium.

Unite, le plus important syndicat du secteur privé au Royaume-Uni, a aussi témoigné beaucoup de soutien à la campagne. Unite a joint ses forces à celles du Syndicat des Métallos pour créer Workers Uniting, le premier syndicat mondial, qui est devenu la force motrice de la campagne auprès des Jeux olympiques de Londres. 

Parmi les autres organisations qui ont grandement appuyé la campagne, notons l'Initiative des syndicats miniers et maritimes, le syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l'énergie (CFMEU) de l'Australie; le syndicat des travailleurs australiens et le syndicat des travailleurs maritimes de l'Australie; les Travailleurs et travailleuses canadien(ne)s de l'automobile et le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier; les syndicats des comités d'entreprises européens de Rio Tinto et IndustriALL, une nouvelle fédération mondiale dont les membres affiliés représentent plus de 50 millions de travailleuses et travailleurs syndiqués.

Le Syndicat des Métallos collabore étroitement avec le CFMEU, IndustriALL et des organisations non gouvernementales en vue de mettre sur pied un réseau mondial solide qui s'efforcerait d'amener Rio Tinto à changer ses pratiques destructives.

Le public est fortement invité à voter à www.greenwashgold.org pour dénoncer les antécédents déplorables de Rio Tinto et à appuyer la campagne Hors du podium contre Rio Tinto à http://www.offthepodium.org/.

Pour plus d'information, allez à www.solidaritealma.org.

- 30 -

Pour plus de renseignements :

Ken Neumann, directeur national, Syndicat des Métallos, 416-544-5951
Joe Drexler, Campagnes stratégiques, Syndicat des Métallos, 416-544-6009, jdrexler@usw.ca
Denis St. Pierre, Communications, Syndicat des Métallos, 416-544-5990, dstpierre@usw.ca