ENVIRONNEMENT
Environnement
Alliance stratégique entre le Syndicat des Métallos et Défense Environnement
Une prise de position publique par les dirigeants du Syndicat des Métallos sur l’Accord de Kyoto


Une prise de position publique par les dirigeants du Syndicat des Métallos sur l’Accord de Kyoto

 

 

 

 

 

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Le syndicat des Métallurgistes unis d’Amérique représente des travailleurs et des travailleuses partout au Canada dans une grande variété d’emplois. À force d’œuvrer dans les secteurs des mines, des fonderies et du raffinement des minéraux, de la métallurgie et de la fabrication, nous en avons appris long sur ce qui endommage l’environnement. Nous en avons aussi beaucoup appris sur les maladies et les cancers professionnels dont souffrent nos membres et, comme nous l’avons découvert après coup, nos familles, nos amis et nos communautés qui sont tout aussi touchés par la pollution créée par un grand nombre de nos lieux de travail.

En 1990, un groupe de travail composé de nos dirigeants a présenté un rapport complet sur l’environnement au 25e Congrès statutaire de notre syndicat. Ce document, intitulé « Our Children’s World » (le monde de nos enfants), reconnaissait les changements climatiques causés par le réchauffement de la planète et explorait leur potentiel dévastateur pour de vastes parties du monde. Notre syndicat a pris l’engagement de se pencher sur les enjeux environnementaux qui sont d’une importance capitale pour notre avenir et celui de nos enfants.

Il y a une dizaine d’années, certains auraient pu dire que c’était là une position controversée. De nos jours, il n’y a plus de débats scientifiques sérieux sur le fait que le climat de la terre se réchauffe de plus en plus, que les émissions de gaz à effet de serre y sont pour quelque chose et que nous risquons d’en subir les conséquences catastrophiques si nous n’agissons pas collectivement pour régler le problème.


En brûlant des combustibles fossiles, les humains libèrent dans l’atmosphère, entre autres gaz, des milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Ces gaz créent un « effet de serre » en épaississant la voûte naturelle de gaz dans l’atmosphère, ce qui a pour effet d’emprisonner plus de chaleur. La température de la planète se trouve ainsi accrue et la balance naturelle du climat mondial devient déséquilibrée et chaotique.


Le réchauffement de la planète ne concerne pas uniquement le Canada; c’est un problème mondial. L’Accord de Kyoto est un élément crucial d’un plan international beaucoup plus grand pour prendre les mesures qui s’imposent pour réduire ce réchauffement. Plus de 165 pays y ont pris part, y compris certains qui sont revenus sur leurs engagements. La Convention donne un moyen pour tous les pays du monde de collaborer ensemble à ce bien commun. L’Accord de Kyoto prévoit un plan d’exécution à suivre pour réduire effectivement ces émissions et notre propre gouvernement établi les cibles à atteindre.

Tout comme la grande majorité des Canadiens et des Canadiennes, nous aussi croyons que notre gouvernement doit ratifier l’Accord de Kyoto. En tant que syndicat représentant les travailleurs et les travailleuses, nous nous devons de nous assurer que ceux-ci, et plus particulièrement ceux qui sont aux premières lignes des changements qui doivent être faits, bénéficieront des avantages que promet le passage à une économie plus durable et que leurs emplois et leurs communautés ne seront pas décimés.

Depuis 1990, notre économie ne cesse de prendre de l’expansion et les émissions de gaz à effet de serre suivent le même mouvement. Certaines compagnies et communautés ont pris des mesures pour limiter leur incidence sur l’environnement, mais au Canada nous n’avons pas fait grand chose pour réaliser la réduction nécessaire de ces émissions.


Le Protocole de Kyoto exige que le Canada réduise l’ensemble de ses émissions de 6 % par rapport aux niveaux de 1990. Depuis 1990, les émissions du Canada ont augmenté de près de 14 %. Nous visons donc une réduction de 20 % par rapport aux niveaux actuels.


Il faut absolument apporter des changements à notre économie afin de réduire les émissions qui contribuent au réchauffement de la planète. Ces changements auront un effet sur la façon dont nos industries fonctionnent et celle dont nous vivons notre vie quotidienne. Nous avons le choix : continuer de compter sur la même approche volontaire qui n’a rien donné jusqu’à présent ou nous engager à élaborer un plan qui comprendra le leadership gouvernemental, la responsabilisation des entreprises et une planification de transition fondée sur les communautés.

Jamais nous n’avons été confrontés à un problème comme le réchauffement de la planète. Le Syndicat des Métallos croit que nous avons la responsabilité – envers nos membres, les communautés dans lesquelles nous travaillons et nous vivons, et surtout envers nos enfants et leurs enfants – de réagir de manière constructive face aux défis que pose ce réchauffement.

L’engagement de notre pays à l’égard de l’Accord de Kyoto doit comprendre des mesures précises visant les réalités économiques des industries clés du Canada. Les solutions trop simplistes sont à éviter. Ces mesures doivent permettre au Canada d’atteindre les objectifs visés, ouvertement et honnêtement. Elles doivent comporter un engagement de la part des industries canadiennes à employer des pratiques environnementales exemplaires partout dans le monde où elles exercent des activités. Elles doivent aussi tomber sous le coup de la loi.

Nous ne sommes fondamentalement pas du même avis que ceux qui seraient prêts à revenir sur leurs engagements mondiaux, préférant compter sur une approche « volontaire » en invoquant l’incertitude scientifique et les intérêts commerciaux.

Pour pouvoir venir à bout du problème des changements climatiques, il faut des objectifs mondiaux; or, Kyoto permet à chaque pays de mettre au point ses propres méthodes de réduction des émissions. Selon le Protocole de Kyoto, nos objectifs de réduction des émissions seront dictés par des normes internationales; par contre, il nous appartiendra de déterminer la méthode pour y arriver. Autrement dit, c’est à nous Canadiens de décider comment nous réaliserons nos objectifs. Kyoto n’est pas un plan, Kyoto est un objectif. Chaque pays doit trouver ses propres solutions nationales.

On nous dit que la réglementation n’est pas nécessaire – que le secteur privé fera de son propre chef les changements qui s’imposent pour résoudre le problème du réchauffement de la planète. Sans objectifs légiférés, sans directives de réglementation clairement définies, les entreprises n’auront qu’un souci, celui de réaliser des profits à court terme. L’explosion de la mine de Westray en 1992, dans laquelle 26 mineurs ont trouvé la mort, est un exemple parmi tant d’autres de ce qui peut arriver quand la sécurité et l’environnement sont laissés aux soins des entreprises. Les dirigeants responsables de Westray n’ont jamais été tenus de répondre de leurs actes. Il faut que des modifications au Code criminel, visant à responsabiliser les entreprises et leurs dirigeants lorsque leurs actions vont à l’encontre du bien public et de la sécurité au travail, fassent partie d’un plan dans le cadre de l’Accord de Kyoto.

Les Métallos appuient un plan qui permet de réaliser les objectifs de Kyoto et qui :

  • comprend des engagements détaillés, pris à l’avance, de protéger les emplois, de bons emplois offrant de bonnes conditions de travail; favorise des options d’emploi viables; et garantit une assistance pour l’ajustement de chacun et de la communauté reposant sur un programme de transition bien fondé;

  • prévoit différentes politiques à l’intention des principaux secteurs sources de ces émissions et conçues pour venir à bout des problèmes d’émissions de ces secteurs;

  • donne assez de flexibilité pour permettre à l’industrie de répondre avec efficacité et efficience aux nouvelles normes;

  • ne compte pas sur les taxes sur les hydrocarbures;

  • comprend un système d’échange de droits d’émissions assorti d’un plafond et de quotas afin de donner encore plus de flexibilité à l’ensemble des mesures de conformité pour l’industrie; le programme de transition pourrait être financé par une vente de permis aux enchères;

  • est mis en place par le biais de taxes, de subventions et de mesures de réglementation visant à répartir équitablement entre tous les Canadiens et toutes les Canadiennes les coûts du rajustement économique liés à la mise en œuvre des changements; et

  • exige que les entreprises multinationales des pays développés se conforment à des normes de pointe sur les émissions lorsqu’elles lancent de nouveaux projets dans des pays en voie de développement, et ce, sans égard à toutes les autres obligations que peut avoir le pays hôte dans le cadre du Protocole de Kyoto.

    Quand le Canada ratifiera le Protocole de Kyoto, nous conviendrons, avec la majorité des principaux pollueurs de la planète, à faire quelque chose pour enrayer les changements climatiques. Le Protocole doit être ratifié par les pays responsables de 55 pour cent des émissions émanant de pays industrialisés avant qu’il ne puisse entrer en vigueur. Cela veut dire que les pays desquels provient près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre de la planète se seront engagés à entreprendre de réelles réductions dans des délais bien précis.



 

 

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