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Un samedi de juin, un petit article est paru dans la plupart des journaux canadiens. Fondé sur un communiqué de presse du gouvernement fédéral publié vendredi soir, l’article annonçait que le Canada a conclu les négociations relatives à un accord de libre-échange avec la Colombie.
Le Syndicat des Métallos et d’autres syndicats font campagne depuis des mois pour empêcher l’accord d’aller plus loin. Le communiqué de presse paru en fin de soirée n’y change rien et, malgré la rhétorique du ministre des Affaires étrangères et du Commerce international David Emerson, il est encore temps de freiner l’ouverture des échanges commerciaux avec l’un des endroits les plus dangereux au monde pour être membre d’un syndicat.
En négociant avec le gouvernement d’Alvaro Uribe, le gouvernement conservateur du Canada ignore les faits au sujet des antécédents en matière de droits de la personne de la Colombie et de sa liste de frappe qui, au cours des vingt dernières années, a entraîné l’assassinat de 2 500 syndicalistes.
Stephen Harper a affirmé qu’il est « ridicule de ne pas faire de libre-échange avec la Colombie », mais, du point de vue des travailleuses et travailleurs colombiens survivants et de leurs familles, un tel accord ne garantirait pas
En 2007, 39 travailleuses et travailleurs syndiqués ont été assassinés, 11 ont été victimes de tentative de meurtre et 224 ont reçu des menaces de mort. En 2008, un syndicaliste par semaine a été assassiné. Tandis que le taux de syndicalisation de la main-d’œuvre colombienne était de 15 pour cent il y a 20 ans, ce taux a baissé à moins de cinq pour cent aujourd’hui, et moins de deux pour cent des travailleuses et travailleurs sont couverts par des conventions collectives.
« Se joindre à un syndicat en Colombie équivaut à une peine de mort, de dire le directeur national du Syndicat des Métallos Ken Neumann. Il est tout simplement horrifiant de constater que notre gouvernement croit qu’il peut s’en tirer en concluant des accords avec des gouvernements qui permettent à leur pays d’être dirigé par une bande d’hommes de main. Nous ne croyons pas qu’un accord conclu avec le Canada sur les droits des travailleuses et travailleurs sera honoré tant et aussi longtemps qu’il sera permis aux paramilitaires de régner librement et de terroriser les citoyennes et les citoyens de la Colombie. »
Ironiquement, aux États-Unis, les représentants du Parti démocrate ont bloqué un accord similaire que l’administration Bush a négocié avec la Colombie, et sa progression accélérée au Canada est considérée comme un levier pour qu’elle soit adoptée aux États-Unis avant la fin du mandat de George Bush à la fin de la présente année.
Au Canada, l’entente sera probablement présentée devant la Chambre des communes à l’automne; cependant, même si le Parlement la rejette, le gouvernement Harper a tout de même le pouvoir d’aller de l’avant.
« C’est pourquoi nous devons agir pour voir à ce qu’un vote négatif soit clair, de dire Ken Neumann. Nous devons convaincre tous les députés de l’opposition de faire la bonne chose. »
Pour envoyer un courriel à votre député, cliquez ici. Appelez votre député à son bureau de comté et faites pression sur lui pour qu’il vote contre l’Accord de libre-échange avec la Colombie.
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