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À rien, selon une économiste de la C. B.
Les années 90 se sont avérées une décennie perdue à de nombreux points de vue, les femmes ayant fait les frais de manière disproportionnée de l’expansion du programme de libre-échange qui a commencé avec la signature de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis en 1988, a déclaré Marjorie Griffin-Cohen.
Marjorie Griffin-Cohen, une économiste et professeure en sciences politiques et en études de la condition féminine à l’Université Simon Fraser, a indiqué que les premiers tarifs douaniers à être éliminés dans la fabrication l’ont été dans des secteurs où les femmes prédominent – soit les secteurs du vêtement, du textile, des petits appareils, des jouets et des chaussures.
« Pour la première fois dans l’histoire, a-t-elle précisé, l’accord prévoyait le commerce des services, rehaussant ainsi la capacité d’offrir des services provenant d’autres pays. Encore là les femmes ont subi des répercussions négatives – dans les domaines financiers et des télécommunications par exemple. »
Selon l’économiste, les répercussions se sont poursuivies avec l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui, d’après elle, est devenu une « constitution continentale » qui libérait le capital, mais restreignait la souveraineté.
« L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a continué de transférer les droits des entreprises aux dépens des droits des populations et des gouvernements, a-t-elle ajouté, et d’autres accords bilatéraux, comme celui qui était contemplé avec la Colombie, étendraient l’intégration qui, jusqu’à maintenant, a mené à une crise financière mondiale.
« Au cours des vingt dernières années, le libre-échange a codifié le programme de la droite, a-t-elle renchérit, en donnant un pouvoir beaucoup plus grand aux entreprises et en réduisant le pouvoir de négociation et les avantages sociaux des travailleuses et travailleurs. Pour les femmes, le programme de libre-échange leur a enlevé tout sentiment d’avoir accompli des progrès en matière de politique sociale dans les années 70 et 80, en réduisant considérablement les programmes sociaux, en éliminant le rôle du fédéral dans le logement social, en réduisant le financement accordé aux programmes à l’intention des femmes et aux groupes de défense des femmes, en empêchant de nombreuses femmes de bénéficier de la protection de l’assurance-emploi, en éliminant l’allocation familiale et de nombreux autres programmes.
« On ne peut façonner le monde de façon à répondre aux besoins des entreprises sans porter atteinte aux besoins de la population, a-t-elle poursuivi. Et dans ce cas, il existe une raison d’être réelle de solidarité entre les femmes d’un pays comme le Canada et celles d’autres pays partout dans le monde. »
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