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SUN MEDIA, 20 juillet 2009
Par Carol Mulligan
Leo Gerard voit chez les grévistes d’Inco un engagement à empêcher Vale de nous voler notre histoire, notre dignité et notre avenir.
Vendredi, cinquième jour de grève contre Vale Inco Ltd., le président international du Syndicat des Métallos a communiqué un message franc à environ 150 grévistes et partisans sur la ligne de piquetage au complexe de la fonderie de Copper Cliff.
Préparez-vous à une longue grève. « Je ne vais pas mâcher mes mots, de dire Leo Gerard, en s’adressant aux grévistes sur les escaliers d’une remise de piquetage, et je dois vous dire que vous devez vous préparer à une longue grève. »
« Toutefois, si vous ne vous êtes pas encore préparés, il n’est pas trop tard pour le faire. Comme je l’ai dit à ma fille, ‘Vous devez vous mettre en mode d’hyper protection’ parce que cette grève va durer longtemps’. »
Plus de 3 000 travailleuses et travailleurs de la production et de l’entretien à Sudbury, tous membres de la section locale 6500 du Syndicat des Métallos, ont entrepris une grève contre Vale Inco Ltd. dimanche à minuit, tout comme l’ont fait près de 150 membres de la section locale 6200 du Syndicat des Métallos à Port Colborne.
Leo Gerard, qui a fait ses débuts à l’ancienne affinerie de nickel d’Inco Ltd., à l’âge de 18 ans, a indiqué que cette grève n’avait pas trait à l’argent ni aux profits.« Elle vise une entreprise qui veut venir à Sudbury et nous voler notre histoire et notre avenir », a t il déclaré.
Vale Inco demande des concessions, comme la modification du régime de retraite pour les nouveaux employés, la réduction de la prime relative au nickel et des limites quant aux droits de transfert de l’ancienneté.
Le président a demandé aux grévistes, qui reçoivent environ 200 $ par semaine en indemnités de grève, de ne pas lâcher et de se serrer les coudes. « La grève pourrait durer longtemps. La neige peut tomber et disparaître, mais nous serons toujours là un jour de plus (que Vale Inco), jusqu’à ce qu’elle reconnaisse qu’elle ne peut nous voler notre histoire, notre dignité et notre avenir, a t il ajouté.
« Vale Inco, qui a acheté Inco il y a deux ans et demi pour la somme de 19 milliards de dollars, essaie de détruire le syndicat et la collectivité en proposant une convention qui reprend un grand nombre des gains que les membres ont acquis au cours de décennies de négociations collectives », a fait savoir Leo Gerard.
Au cours des années 80, le syndicat et Inco ont collaboré à la mise sur pied d’un système qui briserait le « cycle d’expansion et de ralentissement » dans l’industrie minière, en créant la prime relative au nickel.
« Lorsque l’entreprise faisait beaucoup d’argent, les membres du syndicat en profitait; mais dans le cas contraire, les membres comptaient uniquement sur leurs salaires », a précisé Leo Gerard.
Le syndicat a également négocié un régime de retraite qui garantit un revenu aux Métallos au moment de leur retraite. Vale Inco tente de remplacer le régime de retraite à prestations déterminées par un régime à cotisations déterminées dans le cadre duquel les employés accepteraient d’assumer les risques liés à leurs investissements.
Les membres ne sont pas prêts à accepter une convention qui les ramène 30 ans en arrière, a souligné le président plusieurs fois dans son discours aux grévistes. Il a réprimandé le président et le chef de la direction de la société mère de Vale Inco, Roger Agnelli de Vale SA, pour avoir dit que les activités de l’entreprise à Sudbury n’étaient pas viables.
« Le chef de la direction a le toupet – le culot – de dire que ces mines ne peuvent pas être exploitées à ce coût, a mentionné Leo Gerard, soulignant que Vale Inco a réalisé plus de 4 milliards de dollars de profits depuis qu’elle a acheté l’entreprise – ce qui représente deux fois plus que ce qu’a réalisé l’ancienne Inco au cours des dix années antérieures. »
http://www.stcatharinesstandard.ca/ArticleDisplay.aspx?e=1662632
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