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PAR KEN NEUMANN
Nos principales industries et ressources sont achetées et expédiées hors du Canada à un rythme alarmant et, de ce fait, il ne reste plus une seule aciérie importante au Canada. Les gouvernements conservateur et libéral n’ont pas assumé leur responsabilité de veiller à ce que la population, la main-d’œuvre et l’économie du Canada soient protégées lorsque des entreprises étrangères achètent nos industries.
Les travailleuses et travailleurs chez Vale Inco et U.S. Steel, tout comme les collectivités dont ils font partie, sont les plus récents Canadiens à subir les conséquences de la négligence du gouvernement fédéral face aux acquisitions.
L’objectif de la Loi concernant l’investissement au Canada est de veiller à ce que les acquisitions d’actifs canadiens par des intérêts étrangers procurent un « avantage net » au Canada. L’organe fédéral responsable des examens a proposé des accords d’une valeur de plus de 312 millions de dollars, et il a le pouvoir de rejeter toute proposition qui ne rapporte aucun avantage net.
En pratique, les gouvernements conservateur et libéral ont approuvé presque toutes les acquisitions proposées. Depuis l’entrée en vigueur de la Loi concernant l’investissement au Canada en 1985, plus de 1 600 acquisitions par des intérêts étrangers ont fait l’objet d’un examen et reçu l’approbation du gouvernement. Une seule a été rejetée.
Dans le cadre du processus d’approbation des acquisitions, le gouvernement peut également imposer des conditions afin de s’assurer que les Canadiennes et les Canadiens en bénéficient réellement. Plus particulièrement, les propriétaires étrangers pourraient avoir à s’engager à réaliser certains niveaux d’investissement, de production, d’emploi et/ou de recherches au Canada.
Cependant, de tels engagements sont négociés à huis clos et les gouvernements fédéraux n’en soufflent pas mot. Lorsque notre syndicat essaie de forcer les entreprises à respecter leurs engagements, il se heurte à un problème majeur, soit à celui de ne pas savoir quels engagements ont été pris.
Ce n’est que lorsque le gouvernement a poursuivi U.S. Steel devant les tribunaux, des mois après qu’elle ait fermé les anciennes installations de Stelco, que nous avons appris quelles promesses U.S. Steel avait faites (et brisées). Nous ne connaissons toujours pas exactement celles que Vale avait faites lorsqu’elle a pris le contrôle d’Inco.
Une telle situation est inacceptable et nuit réellement aux familles à qui Vale Inco demande des concessions majeures sur le plan des pensions, de l’ancienneté, des conditions de travail et des primes de participation aux bénéfices.
Nous avons besoin de meilleurs règlements en ce qui concerne les acquisitions par des intérêts étrangers. Le gouvernement devrait être prêt à rejeter toute proposition qui ne maintient pas l’emploi, les pensions et les recettes fiscales ou qui ne les augmente pas.
Le gouvernement devrait donner pleinement l’occasion aux travailleurs et à leurs syndicats de participer au processus d’examen. Lorsque le gouvernement approuve des acquisitions par des intérêts étrangers qui s’appuient sur des engagements particuliers, il devrait rendre ces engagements publics et être prêt à les faire respecter en temps opportun.
Si seulement nous avions un gouvernement qui se soucie des familles ouvrières.
Pour plus d’information, consultez le site Web fairdealnow.ca.
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