 |
Appui du président international du Syndicat des Métallos
Le président international du Syndicat des Métallos, Leo W. Gerard, a offert un appui sans équivoque à la campagne des Métallos québécois pour obtenir un laminoir à poutrelles à l’usine d’ArcelorMittal à Contrecoeur. Ce dernier a d’ailleurs rencontré les représentants de la compagnie aux Etats-Unis en septembre, avec une délégation syndicale québécoise, pour plaider la cause des travailleurs de Contrecoeur.
«C’est ici que l’entreprise est née, c’est ici qu’elle va vivre ou mourir! On va être à toutes les tables de négociations et on ne lâchera pas tant qu’on ne l’aura pas !», a tonné M. Gerard au cours d’un rassemblement de membres du Syndicat des Métallos qui avait lieu cet été en Montérégie.
Lakshmi Mittal a fait l’acquisition de Sidbec-Dosco, qui appartenait auparavant au gouvernement du Québec, en 1994. Les installations de Contrecoeur, achetées pour seulement 35 millions de dollars à l’époque, ont permis à ArcelorMittal d’engranger 1,1 milliard de profit au cours des 12 années suivantes. C’est donc dire que l’acquisition a été très rentable.
En 2007, quand ArcelorMittal a transféré une partie de sa production en Ontario, abolissant du coup 500 bons emplois au Québec, la multinationale avait promis d’ouvrir un laminoir à poutrelles à Contrecoeur. Le laminoir donnerait de l’ouvrage à environ 200 travailleurs, sans compter les emplois indirects. On attend toujours les investissements annoncés, aujourd’hui évalués à quelque 600 millions.
Au printemps dernier, les Métallos ont décidé de raviver la mémoire de la multinationale. Il faut dire qu’au moment où les gouvernements ouvrent les valves pour des projets d’infrastructures dans les plans de relance économique, la demande pour des poutrelles d’acier devrait être au rendez-vous.
Le directeur québécois, Daniel Roy, a fait valoir qu’aucune usine canadienne ne produit de telles poutrelles. «C’est pas vrai que Mittal va se sauver avec nos jobs et nos ‘beams’ ailleurs sur la planète», a argué M. Roy.
En septembre à Pittsburgh, le président de la section locale 6586, Claude Langlois, ainsi que l’adjoint au directeur québécois, Guy Farrell, et le président international Leo W. Gerard, ont rencontré le chef des opérations pour l’Amérique du Nord d’ArcelorMittal, M. Venkataramanan. Ces derniers ont convenu que des démarches seraient effectuées auprès du gouvernement fédéral pour le sensibiliser au dossier. Québec a déjà manifesté son intérêt pour le projet.
Quant à l’appui populaire, il est au rendez-vous ! Une pétition de 12 000 noms a été signée en appui au projet le printemps dernier. Une Caravane de solidarité a aussi défilé en mai dans les rues de Contrecoeur et sur l’autoroute de l’Acier pour démontrer l’importance du projet pour l’économie régionale.
L’enjeu est de taille : il en va non seulement de l’avenir de la sidérurgie québécoise, mais aussi de la prospérité de la région. En avril, l’usine de réduction a été fermée, suivie de celle de la coulée à brame en juin dernier, laissant sur le carreau plusieurs centaines de travailleurs. Bien que ces usines aient redémarré cet automne, une cinquantaine de métallos n’ont toutefois pas été rappelés. L’avenir est aussi incertain pour les autres, puisque le fonctionnement des deux installations n’est assuré que pour un trimestre.
Crédit photo: Daniel Mallette
|
 |