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LE DEVOIR, 21 nov, 2009
Éric Desrosiers
Les États-Unis et le reste du Canada auraient beaucoup à apprendre du Québec, pense le président du plus grand syndicat industriel américain, Leo Gerard. Ils auraient grand intérêt aussi à se montrer plus fermes en matière de commerce, et à s'inspirer des pays émergents dans leur défense des secteurs des matières premières et de la production manufacturière.
Ted Kennedy avait invité ce jour-là le président international des United Steelworkers à aller marcher avec lui. L'influent sénateur démocrate voulait qu'on lui explique comment le Code du travail du Québec fonctionnait exactement.
«Je dois avouer que c'était quelque chose, pour moi, de pouvoir parler du système québécois à celui qu'on surnommait "le lion du Congrès"», a raconté au Devoir le Franco-Ontarien Leo Gerard à l'occasion de l'assemblée annuelle du syndicat des Métallos qui se tenait à Laval cette semaine. «Au début, il avait du mal à croire que ça pouvait marcher. En fin de compte, le projet qu'il a présenté au Congrès était presque pareil à la loi québécoise.»
Plus de deux ans plus tard, la réforme en question fait toujours l'objet de tractations. Dans un pays où le taux de syndicalisation n'est que de 12 % (contre 40 % au Québec) et où il continue de reculer, l'Employee Free Choice Act vise notamment à mettre en place un processus d'accréditation moins favorable aux employeurs et à forcer ces derniers à négocier une fois ce processus complété.
«Je suis bien fier d'avoir des racines québécoises, dit l'ancien ouvrier de la fonderie de nickel Inco, à Sudbury, dans son français un peu rouillé. Le modèle québécois recherche toujours le moyen d'avoir un développement économique et social équilibré qui tient compte des uns et des autres. Le Québec est aussi un des seuls en Amérique du Nord à n'avoir jamais oublié l'importance du secteur manufacturier. Ce n'est pas le paradis, mais c'est bien mieux que l'Alabama ou la Virginie occidentale.»
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