·  Vancouver Province

Une lutte trompeuse de Harper masque ses échecs sur l'emploi

L'article suivant du directeur national du Syndicat des Métallos, Ken Neumann, est paru dans la page en regard de l'éditorial du Vancouver Province :

Plutôt que de prendre l'initiative de défendre les collectivités et les travailleurs canadiens, les conservateurs de Stephen Harper ont lancé une guerre factice contre l'utilisation d'acier américain pour une gare maritime de l'Alaska à Prince Rupert( C.-B.).

Le discours musclé des conservateurs n'est rien de plus qu'une mascarade en cette année d'élection de la part d'un gouvernement qui n'a simplement rien fait, alors que des centaines de milliers de Canadiennes et Canadiens ont perdu de bons emplois manufacturiers ces dernières années.

Les conservateurs ont été mis dans l'embarras par la controverse entourant le plan de l'Alaska de bâtir une nouvelle gare maritime pour remplacer ses anciennes installations à Prince Rupert. La gare est située en sol canadien, mais elle appartient à l'Alaska et fait partie du système d'autoroute maritime de l'État.

Un tollé est survenu quand la population canadienne a appris que le gouvernement de l'Alaska prévoyait appliquer les dispositions relatives à l'achat de produits américains à sa nouvelle gare, ce qui exigerait l'utilisation d'acier américain pour bâtir l'installation de 15 millions de dollars.

Dépourvu d'une stratégie proactive pour promouvoir la fabrication au pays et les bons emplois qu'elle crée, le gouvernement Harper a dû improviser une réponse afin d'éloigner l'attention des Canadiens de son bilan lamentable.

Les conservateurs ont menacé d'invoquer une loi fédérale peu connue afin de bloquer les soumissionnaires de la nouvelle gare maritime, incitant le gouvernement de l'Alaska à suspendre le projet indéfiniment.

Ce que les conservateurs n'ont pas dit est que, même si la stipulation «Achetez américain» est retirée du projet de la gare, ils n'aideront nullement les aciéries et les travailleurs canadiens à obtenir le contrat, pas plus qu'ils n'intercéderont en leur faveur.

En fait, le bilan des conservateurs indique qu'ils n'interviendraient pas et qu'ils réserveraient un accueil obligeant à un fournisseur étranger qui fournirait l'acier pour le projet.

Après tout, le gouvernement Harper a permis que de nombreux projets publics d'infrastructure utilisent de l'acier importé, souvent de producteurs étrangers qui jouissent d'avantages tout à fait inéquitables, comme des subventions d'État, la manipulation des devises et des normes lamentables dans les domaines du travail et de l'environnement.

Par exemple, Transport Canada construit actuellement un nouveau pont Champlain à Montréal, un projet de cinq milliards de dollars, sans faire aucun effort pour utiliser de l'acier canadien. Mis en perspective, le projet du pont Champlain est 300 fois plus important que la gare de Prince Rupert.

Plutôt que de se battre contre des stipulations «Achetez américain» pour une petite gare maritime, un gouvernement qui voudrait sérieusement appuyer les emplois canadiens appliquerait une forme de dispositions accordant la préférence aux produits canadiens destinés aux projets d'infrastructure de plusieurs milliards de dollars que financent les fonds publics au pays.

Les conservateurs de Harper ont également trahi la population canadienne en refusant d'appliquer une politique relative à l'achat de produits nord-américains pour les programmes de stimulation de l'économie lancés par suite de la crise économique de 2008.

Depuis longtemps, le Syndicat des Métallos se fait le défenseur d'une telle approche binationale qui permettrait d'appuyer la fabrication nord-américaine des deux côtés de la frontière.

Une politique semblable est réaliste et souhaitable pour les deux pays du fait que la fabrication nord-américaine est largement intégrée et que les pièces nécessaires traversent la frontière canado-américaine tout au long du processus de production. Une politique d'achat nord-américaine permettrait aux entreprises qui font appel à une chaîne d'approvisionnement transfrontalière d'exploiter pleinement les avantages d'une telle intégration, augmentant ainsi la demande de produits fabriqués au Canada et aux États-Unis.

L'industrie sidérurgique canadienne a subi d'énormes déséquilibres commerciaux depuis dix ans, ce qui s'explique principalement par les déficits commerciaux avec des producteurs étrangers comme la Chine, la moyenne annuelle s'élevant de trois à quatre milliards de dollars. En revanche, pour ce qui est du commerce de l'acier avec les États-Unis, le Canada a connu autant de surplus que de déficits annuels dans la même période.

Si Harper voulait sérieusement plaider la cause des travailleurs canadiens, il chercherait à négocier avec les Américains l'accès réciproque à l'acier destiné aux marchés publics, tout en favorisant la production nord-américaine plutôt que les importations étrangères. Cependant, notre gouvernement conservateur a carrément rejeté de telles solutions, préférant adhérer à son idéologie alors que des milliers de Canadiennes et de Canadiens ont perdu de bons emplois.

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