Les jeunes Métallos passent à l’action

Briser les mythes de la génération Y

Une légende trop courante circule sur les jeunes travailleuses et travailleurs. Souvent, les jeunes de la génération Y, nés entre 1980 et le milieu des années 90, sont représentés comme des pleurnicheurs paresseux, privilégiés et gâtés. Ils sont contrariés par ces portraits inexacts qui semblent inoffensifs ou amusants, mais qui masquent la vraie situation économique générationnelle des jeunes travailleurs.

Ces légendes et hypothèses dangereuses signifient que, quand les travailleurs de la génération Y, qui sont aux prises avec de réels problèmes (faibles salaires, travail contractuel, dette étudiante élevée et frais de scolarité à la hausse) s’élèvent contre leurs difficultés collectives, leurs plaintes sont souvent négligées.

Les problèmes de la génération Y diffèrent de ceux des générations précédentes. Statistique Canada révèle que le salaire médian des travailleurs de 17 à 24 ans a baissé de 14,2% depuis 1981 et celui des travailleuses de 6,55%, soit 4638 $ et 1809 $ respectivement de moins par année. Les femmes de ce groupe d’âge sont aussi moins payées dans l’ensemble. La moitié des jeunes travaillent dans les services d’alimentation ou de vente au détail, des secteurs offrant de faibles salaires et taux de syndicalisation. Ils sont également surreprésentés dans les emplois à temps partiel comparativement à leurs aînés.

Qui plus est, poursuivre des études et vivre indépendamment est beaucoup plus coûteux actuellement. Le logement est de plus en plus inabordable et les coûts universitaires ne cessent d’augmenter, ayant quadruplé depuis 1981. Selon la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, la dette moyenne après quatre ans d’études est maintenant de 28 000 $.

Cette situation représente le symptôme d’une attaque concertée contre les services publics et d’énormes changements économiques et de politique publique depuis les années 90, entre autres, le défaut de protéger les emplois manufacturiers, la tendance vers une économie de services et de ressources et, pour les entreprises, des postes contractuels et le travail à temps partiel.

Toute la population ouvrière subit les conséquences de tels changements. Cependant, la génération Y est touchée particulièrement durement et nombre de ses doléances sont légitimes. Souvent décrits comme étant paresseux et avec le sentiment que tout leur est dû, en réalité, les jeunes se défendent et tentent de relever les défis auxquels ils sont confrontés.

Formation et action de la Prochaine génération

Le 4 avril 2016, des Métallos de 35 ans et moins ont assisté à la deuxième Conférence de la Prochaine génération du syndicat à Montréal.

Le thème de la conférence, Unis nous négocions, attaquait directement les hypothèses sur la génération Y paresseuse. La conférence a fait ressortir le besoin d’action collective pour pallier la situation économique difficile des jeunes, et des discussions et des interventions directes ont eu lieu sur les régimes de retraite à deux vitesses voulant que les nouveaux travailleurs aient droit à un régime inférieur basé sur leur date d’embauche.

Le directeur national Ken Neumann a rappelé aux participants la leçon qui transcende les générations : il est toujours important de relier les actions collectives de notre lieu de travail aux luttes sociales en général.

Les jeunes Métallos ont discuté de leurs efforts de recrutement dans les collectivités éloignées et renforcé l’importance d’établir un lien entre notre travail syndical et le militantisme politique. Ils ont souligné que l’apport des jeunes dans le lieu de travail et la politique publique aidera toute la population ouvrière.

Gabriel Nadeau-Dubois, chef de file des manifestations étudiantes du printemps érable au Québec en 2012, a présenté une analyse politique et économique de la situation des étudiants et des jeunes travailleurs québécois, démontrant comment le recrutement et la mobilisation peuvent permettre d’atteindre des objectifs précis. Les alliances entre les étudiants et d’autres dans la province en 2012 ont forcé le gouvernement à abandonner son plan de hausser les droits de scolarité postsecondaire.

L’ancien militant étudiant a fait remarquer qu’une telle convergence de militants n’arrive pas seule : il a fallu y consacrer énormément de travail, de réunions, de militantisme et créer un mouvement. Les étudiants ont dû surmonter une idéologie néolibérale généralisée qui individualise les problèmes politiques et économiques et suscite du cynisme envers la possibilité de changements collectifs. En dernière analyse, c’est le travail ardu des chefs de file des étudiants qui, au fil des années, ont cultivé la résistance aux augmentations de frais proposées avec l’appui des syndicats et de diverses parties de la société.

Enfin, les membres de la Prochaine génération de partout au Canada se sont joints aux grévistes de la section locale 6658 des Métallos chez Ciment Lafarge dans une action directe contre le gouvernement libéral du Québec.

Les Métallos de la Prochaine génération ont participé au rassemblement de quelque 600 militants devant le bureau du premier ministre québécois pour réclamer la fin des régimes de retraite à deux vitesses, une promesse préélectorale que le gouvernement libéral n’a pas tenue.

Les membres de la Prochaine génération ont appris à reconnaître un enjeu, à présenter des demandes précises et à le relier à une lutte économique et sociale de grande envergure. Nous avons haussé le ton, acquis de l’expérience à faire face aux difficultés des jeunes de la génération Y et formulé des idées pour d’autres actions locales.

www.metallos.ca/prochaine-generation

www.bit.ly/comite-jeunes-ftq

Cet article a été publié dans le numéro de juin 2016 de la revue Métallos@l'œuvre.


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