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Des scabs débusqués chez Samuel & Fils

Laval, le 16 mars 2017 – Pour la troisième fois, en seulement un an chez les Métallos, des enquêteurs du ministère du Travail ont débusqué des briseurs de grève dans une entreprise touchée par un conflit de travail. Le Syndicat des Métallos demande à Québec d’insuffler du mordant à sa loi anti-briseurs de grève, pour qu’elle soit davantage respectée par les employeurs.

En effet, les enquêteurs ont constaté la présence de trois briseurs de grève précisément chez Samuel & Fils, une entreprise de transformation métallique dont la centaine de travailleurs a déclenché une grève pour refuser une clause orphelin désavantageuse pour les nouveaux travailleurs le 4 février dernier.

« Cela confirme nos doutes. On voit les allées et venues des camions au jour le jour, c’était évident que l’entreprise n’opérait pas seulement avec les cadres », explique le président de la section locale 9441, Alain Paiement.

Le Syndicat des Métallos poussera la procédure au niveau juridique afin qu’une ordonnance soit émise. « Nos avocats déposeront dans les plus brefs délais une requête pour que le tribunal émette une ordonnance. Si l’employeur souhaite redémarrer réellement son usine, il doit revenir négocier sérieusement. Ça suffit les entourloupettes pour enfreindre le Code du travail et faire travailler des briseurs de grève », fait valoir la représentante syndicale Silvy Vaudry.

Notons qu’aucune amende n’est imposée de prime abord aux entreprises où on constate la présence de briseurs de grève. Ces dernières s’exposent à des amendes seulement une fois que l’ordonnance du Tribunal administratif du travail est émise, ce qui peut prendre un certain temps. Celles-ci peuvent aller jusqu’à un montant – somme toute limité – de 1000 $ par jour.

« C’est ridicule comme montant. Les entreprises calculent ça dans leurs coûts d’opération et l’emportent au paradis. La loi doit être plus mordante, prévoir des amendes dès le début de l’offense et celles-ci doivent être suffisamment élevées pour décourager les entreprises », fait valoir le coordonnateur des Métallos pour la région du Nord/Nord-Ouest, Donald Noël.

Le Syndicat des Métallos demandera donc au Tribunal administratif du travail d’intervenir pour ordonner à l’entreprise de respecter la loi.

Lors d'un conflit de travail, seuls les cadres embauchés avant le début des négociations sont autorisés à effectuer les tâches normalement effectuées par les travailleurs syndiqués.

Notons que la semaine dernière, des enquêteurs ont également constaté la présence de briseurs de grève à l’entreprise CEZinc à Salaberry-de-Valleyfield, où les travailleurs sont en grève depuis le 12 février dernier. Même scénario durant l’hiver 2016 lors du conflit de travail des Métallos de Ciment Lafarge à Saint-Constant.

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