Quand la vie bascule

Il y a un an, le 19 février 2016, la vie de Ian Lavoie a basculé. Ce métallo à l’aciérie d’ArcelorMittal à Longueuil a subi un grave accident. Après une opération de 13 heures, entre la vie et la mort, l’amputation d’une jambe et plusieurs autres chirurgies, il marche à nouveau et célèbre la vie. Témoignage d’un miraculé.

Finisseur à l’usine d’ArcelorMittal de Longueuil, Ian Lavoie était allé donner un coup de pouce dans un autre département, à l’expédition. En une fraction de seconde, un paquet de barres de 23 pieds – des fardeaux – lui est tombé dessus, sectionnant sa jambe sur le champ et le faisant tomber sur un ‘fardeau’ brûlant sortant du laminoir.

Le combat commence

Longtemps premier répondant dans les équipes de secours d’ArcelorMittal, il savait qu’il mettait plus de chances de son côté s’il restait éveillé. «J’ai lutté très fort, ce n’était pas facile. J’ai eu comme une fureur de vivre. Quand j’étais sous les barres, je pensais à mes enfants et à Valérie, ma blonde. Y’était pas question que je parte. Je me suis battu», explique ce père, lui-même orphelin de parents, comme sa blonde.

Après un coma de trois semaines, il était « juste content d’être vivant, de [se] réveiller». Mais la bataille est loin d’être terminée. Il passera plusieurs mois à l’hôpital puis dans un centre de réadaptation jusqu’en août. Un an plus tard, il poursuit la réadaptation à l’externe avec sa prothèse de «robocop», délaissant même la canne pour marcher.

Prévention

Avec du recul, il constate que l’accident dont il a été victime aurait pu être évité si les dangers avaient été limités sur les lieux de travail. L’enquêtrice de la CNESST a d’ailleurs talonné l’employeur à propos de certaines situations, ce dernier a contesté son rapport devant les tribunaux.

«J’ai vu des choses qui n’avaient pas lieu d’être dans les entrepôts. Des piles non conformes. On était peut-être rendus habitués. Peut-être qu’on fermait les yeux, qu’on passait à côté. C’est une aciérie, y’a des risques partout», constate Ian Lavoie après-coup.

«C’était comme une épée de Damoclès qui était au dessus de notre tête. Le 19 février à 4h45, l’épée est tombée.»

Aujourd’hui, il salue le travail des représentants en prévention. Il a envie de partager un message à tous les travailleurs. «Des fois, ça peut arriver qu’on dise ‘ils sont fatigants avec la santé et la sécurité’. Je l’ai déjà dit moi aussi. C’est leur job, c’est leur travail. Pis là, je m’en rend compte que c’est super important, la vigilance, les systèmes de sécurité, ils nous protègent.»

Il a assisté à l’assemblée annuelle des Métallos en novembre dernier, saluant le travail de ses collègues de la SL 8897, l’appui de sa famille et de ses amis dans cette épreuve.

Le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, a rappelé qu’il ne faut pas avoir peur de déranger quand il est question de santé et de sécurité. «Oui, des fois l’employeur va essayer de nous en faire payer le prix en disant qu’on a exercé un droit de refus abusif. Mais il faut se battre jusqu’au bout, faut pas lâcher le morceau. Le droit de refus, c’est plus qu’un droit, c’est un devoir! », a-t-il fait valoir.

Cet article a été publié dans le numéro de juin 2016 de la revue Métallos@l'œuvre.

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