En souvenir de Westray : Le traumatisme d’un mineur

vernt2Dans les premiers jours après l’explosion à la mine Westray en 1992, Vern Thériault, mineur et membre de l’équipe de secours, a dû s’acquitter de la triste tâche de remonter les corps à la surface. La tâche a été effectuée qu'à la tombée de la nuit, afin d’éviter que les mineurs décédés ne deviennent un spectacle pour les médias ou d’autres sur place, notamment les membres des familles des 26 victimes.

Après 26 ans à répéter son histoire de stress post-traumatique à chaque date anniversaire du désastre, Vern Theriault a décidé de la raconter en entier dans un livre intitulé Westray, My Journey from Darkness to Light (Westray, mon passage des ténèbres à la lumière). Le livre rappelle les moments qui ont précédé et suivi la catastrophe et à jamais changé sa vie et la façon dont la loi devrait traiter les accidents mortels au travail.

Mettons fin au carnage. Appliquons la loi.

C’est bien souvent avec la participation de Vern que les Métallos poursuivent la campagne Mettons fin au carnage, Appliquons la loi, afin de veiller à une meilleure application de la Loi Westray, les modifications au Code criminel visant à tenir les entreprises criminellement responsables des décès et des accidents au travail.

Soutenue par des municipalités partout au Canada et reconnue par les ministres de la Justice fédéral, provinciaux et territoriaux, la campagne progresse lentement, mais tant que les employeurs s’en tireront avec des amendes, la lutte doit continuer, selon les dirigeants des Métallos.

«Chaque fois qu’une province choisit un nouveau gouvernement ou se retrouve avec un nouveau procureur général, nous devons recommencer à souligner le besoin de formation et de protocoles, et l’obligation d'enquêter sur les décès au travail, d’abord comme scènes de crimes, avant de nous tourner vers les ministères du Travail et d’autres organismes de réglementation», a déclaré Ken Neumann, directeur canadien du syndicat.

Plus tôt cette année, dans une note de service, Steve Hunt, directeur du District 3, a mentionné certains verdicts de culpabilité récents contre des employeurs négligents, dont Detour Gold, une compagnie minière de l’Ontario qui a omis de donner la formation appropriée à un travailleur décédé d’un empoisonnement au cyanure. À Stave Lake (C.-B.), une entreprise a été trouvée coupable de négligence après le décès d’une travailleuse de 22 ans qui n’avait pas reçu la formation adéquate et qui a perdu la vie quand le camion à bascule qu’elle conduisait l’a écrasée en se renversant.

Au Québec, un entrepreneur a reçu une peine de prison de 18 mois pour homicide involontaire quand un travailleur est mort enseveli par l’effondrement de la tranchée dans laquelle il réparait une conduite d’égout.

Chaque cas établit un nouveau seuil pour ceux qui suivent. Notre syndicat s’inspirera de ces cas pour assurer la formation des procureurs dans chaque province et territoire. Sans la pression de ses membres au Canada, nous savons que les décès au travail ne recevront pas l’attention souhaitable quant à l’application de la loi, et les procureurs de la Couronne continueront d’expédier les causes.

L’établissement de protocoles pour le traitement des incidents au travail dans plusieurs provinces progresse. À Terre-Neuve-et-Labrador, la participation récente de la force constabulaire royale de Terre-Neuve aux enquêtes sur les décès ou blessures graves au travail semble donner des résultats tangibles : des employeurs et des superviseurs pourraient se retrouver en prison s’il est déterminé qu’un lieu de travail comporte des risques.

Dans une manifestation de coopération nationale, le service de police de Calgary travaille avec la force constabulaire afin d’amorcer des enquêtes criminelles sur les lieux de chaque incident plutôt que d’y interdire l’accès et de transmettre l’affaire aux autorités en matière de santé et de sécurité au travail.

«Il est de notre devoir de faire la bonne chose en ce qui concerne le Code criminel, a déclaré Joe Boland, chef de la force constabulaire. Nous allons nous engager dans cette voie afin que des accusations soient portées en cas de négligence criminelle. Nous allons aussi collaborer avec les autorités en santé et sécurité au travail. Leur personnel mènera une enquête parallèlement à la nôtre, mais nous ne nous limiterons plus à leur transmettre immédiatement l’enquête.»

Entre-temps, le ministère fédéral de la Justice prépare un feuillet d’information sur les enquêtes criminelles, lequel devrait être disponible avant la fin de l’année.

Maintenant que tout le monde peut lire les souvenirs et l’histoire de Vern Theriault à propos de Westray, celui-ci approuverait certainement ces développements.

Cet article apparaît dans l'édition de novembre 2018 de la mise à Métallos@l'œuvre.

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