Les femmes se font entendre

Les femmes ont pris place au dernier jour de la Conférence internationale/nationale sur la condition féminine à Toronto (Ontario) épuisées, mais reconnaissantes et prêtes à l’action après trois jours complets de plénières, d’ateliers et de réseautage.

En file devant les micros pour s’exprimer, les consœurs, dont un grand nombre sont de nouvelles déléguées et oratrices, ont communiqué leur inspiration, leurs plans d’action et leurs défis à notre syndicat.

La vice-présidente internationale hors cadre Carol Landry a présidé la séance intitulée Opinions des femmes.

Delee du District 3 a commencé par un appel à l’action touchant et émouvant concernant les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées au Canada.

«J'ai bon espoir que nous trouverons un moyen d’atténuer et finalement d’éradiquer la violence contre les femmes autochtones.»

Julie, de la SL 1944 a livré son appel à l’action, motivée par la perte d’une consœur syndiquée à la toxicomanie. «Mon appel à l’action vise les négociations de ma section locale en 2021. Je vais proposer l’intégration de congés pour violence conjugale dans notre prochaine convention.»

Beaucoup de consœurs ont remercié le syndicat d’organiser des conférences sur la condition féminine et de donner la possibilité aux femmes d’interagir, de s’inspirer les unes les autres et d’établir des réseaux d’idées et de soutien au-delà de leurs comités et sections locales.

Une consœur du District 8 veut encourager les femmes à sa section locale : «Je vais dresser un plan, entreprendre des actions, inviter les femmes et celles de ma section locale à s’impliquer.»

Nombre de déléguées ont parlé de leurs luttes pendant les grèves ou lockouts.

Chantelle du District 7, chez Geary Works, a raconté : «Nous nous sommes serré les coudes pour obtenir une convention équitable et il semble que nous sommes bien partis. Le fait d’être solidaires et d’agir ensemble nous unit davantage.»

Nombreuses ont été les déléguées à défier le syndicat d’accroître la représentation des femmes et des personnes de couleur au Bureau exécutif international. Une consœur a exhorté le syndicat à poursuivre l’action «Step Aside, Brother» (faites place, camarades) de Unite the Union. On a aussi suggéré de recourir à des pourcentages pour tenir compte de la diversité même de notre syndicat et de la proportion de ses membres féminins au Bureau exécutif.

Diane du District 6 et deux autres consœurs ont mentionné que leurs sections locales ont maintenant un comité de femmes, après 60 ans d’existence.

De manière générale, les déléguées ont soutenu l’action politique et des Femmes d’acier, qu’il s’agisse d'appuyer des candidates locales ou des consœurs qui se présentent en vue d’ajouter leur nom aux bulletins de vote.

«Si vous n’aimez pas la diversité de votre bureau exécutif, PRÉSENTEZ-VOUS! Si vous n’aimez pas la composition de votre gouvernement, PRÉSENTEZ-VOUS!», de dire Tanya du District 2.

Christa et Sharmin du District 6 se sont engagées à agir sur le plan de la santé mentale.

Bonnie chez UBCP ACTRA a réclamé des programmes d’éducation et de sensibilisation à l’intention des hommes.

«Je connais la différence entre un flirt et du harcèlement. Les personnes qui l’ignorent sont principalement nos confrères. Il faut sensibiliser les hommes et ils doivent changer leur culture», a-t-elle ajouté.

Lisanne et Jennie de la SL 9700 du District 5 ont été mises en lockout par Alcoa et Rio Tinto il y a 36 semaines. Leur appel passionné à la solidarité a incité les déléguées à leur faire une ovation.

«Notre appel à l'action est pour la solidarité. Nous avons besoin que vous nous aidiez à tenir bon. Retournez à votre section locale et demandez aux hommes d’appuyer la nôtre. C’est tellement difficile pour nos familles», a indiqué Lisanne.

Une consœur de la SL 6787 du District 7 a remercié les responsables de la conférence d’avoir fourni des services de garde sur place, ce qui lui a permis d’y assister avec son enfant.

Kayla, de la SL 7913 du District 3, a réclamé de meilleurs équipements de protection pour les femmes.

«Une taille unique ne convient pas à tout le monde. Beaucoup de femmes ont parlé d’équipements et de vêtements mal ajustés les obligeant à modifier les procédures», a-t-elle expliqué.

Elle a poursuivi en demandant une meilleure sensibilisation des confrères dans l’ensemble des sections locales et des districts aux questions touchant les femmes.

Josefina Martinez-Hernandez de Los Mineros au Mexique a raconté une histoire de réussite.

«Notre entreprise compte plus de 6000 employés, dont un grand nombre ont été suspendus de leurs fonctions, ce qui a soulevé des protestations, jour après jour, en vue de leur réintégration. Par la même occasion, beaucoup de consœurs nous ont dit avoir subi du harcèlement sexuel de la part des dirigeants et superviseurs», a-t-elle poursuivi.

«Nous nous sommes braquées devant la porte d’entrée de l’entreprise et, à l’aide de mégaphones et de dépliants, nous avons dénoncé la situation et divulgué le nom du coupable. Nos efforts ont porté fruit parce que le responsable a été humilié et a cessé le harcèlement», a expliqué Josefina Martinez-Hernandez.

Une consœur a demandé aux déléguées à ce qu’on aborde le sujet de la haine.

«Laissez vos privilèges aux vestiaires. Nous devons réaliser que le racisme est présent ici, dans notre syndicat.»

Joelle du District 3 a précisé que ses consœurs et elle-même allaient s’efforcer d’obtenir des clauses prévoyant un lieu sécuritaire pour les mères qui allaitent.

«J’ai dû retourner au travail plus tôt que prévu et j’ai été obligée de cesser d’allaiter ma fille, donc cette question me tient à cœur», a-t-elle fait remarquer.

Cheryl, du District 8, a réclamé la fin de l’intimidation entre femmes.

«Voici mon appel à l'action : si vous êtes témoin d’une telle situation, mettez-y fin, qu’elle ne se produise plus au sein de vos comités de la condition féminine ou vos lieux de travail. Nous devons travailler ensemble, non pas nous entre-déchirer.»

Une consœur du District 9 a dit : «J’ai pris ma retraite, mais je n’ai pas terminé. Le temps est venu pour nous de personnifier le changement que nous désirons voir se produire.»

La consœur Christiane Aparecida dos Santos de la CNM/CUT (Confédération nationale des métallurgistes) au Brésil a reçu une ovation lorsqu’elle a demandé aux femmes de prendre leur place au sein de leurs syndicats.

Pour terminer, Carol Landry a ajouté : «Faites-vous entendre. Exprimez-vous. Faites savoir que vous êtes présentes – dans vos sections locales et en politique. Un plus grand nombre de femmes doivent combler ces sièges. Ce dont nous sommes témoins aux États-Unis et au Canada… Je me souviendrai toujours des paroles de la première dame Michelle Obama : "C’est nous qui les élisons et ils devraient parler en notre nom."» Merci, consœurs!

Passer à l’action chez IKEA et Canadian Tire

La consœur Kalpona Akter du Centre de solidarité des travailleuses et travailleurs du Bangladesh a ouvert son discours par l’action en demandant aux déléguées de signer des lettres adressées à IKEA et à Canadian Tire, insistant auprès de ces entreprises pour qu’elles signent l’Accord sur la sécurité incendie et des bâtiments.

IKEA obtient ses rideaux, ses draps, ses taies d’oreiller et ses serviettes de fournisseurs au Bangladesh. Cependant, leurs employés y travaillent toujours dans des conditions dangereuses.

«Nous demandons à IKEA de signer l’accord – un document juridiquement contraignant. Nous demandons aux marques et aux détaillants de signer l’accord, de sauver la vie des travailleuses et travailleurs», a-t-elle expliqué, soulignant que si l’accord avait été en vigueur avant l’incendie à la fabrique de Tazreen et l’effondrement du Rana Plaza, ces travailleuses et travailleurs auraient eu la vie sauve.

«Au Canada, Canadian Tire est une des entreprises qui s’approvisionnent au Bangladesh, mais qui n’ont pas signé l’accord. Les employés travaillent toujours dans des conditions dangereuses et cette fabrique pourrait devenir un autre Rana Plaza», de dire Kalpona Akter.

Les déléguées ont signé les lettres adressées à Canadian Tire demandant à l’entreprise de signer l’accord et de veiller à ce que les travailleuses et travailleurs du Bangladesh gagnent un salaire suffisant pour vivre.

«Tout le monde sait que nous vivons dans un village mondial. Il est de notre devoir de défendre les travailleuses et travailleurs qui fabriquent nos vêtements. Nous luttons pour des emplois dans la dignité. Ces emplois doivent s’accompagner d’un salaire suffisant, d’une voix au travail, d’un lieu de travail sécuritaire et d’un milieu exempt de violence sexiste», a soutenu Kalpona Akter.

Kalpona Akter a demandé à la foule : «Est-ce que vous nous protégez?», «OUI!», ont répondu les déléguées à l’unisson.

Pour conclure la conférence, les consœurs ont chanté «Solidarité mes frères et mes soeurs», y compris un nouveau couplet pour les femmes.

Nous sommes les femmes du syndicat prêtes au combat
Défendant nos choix, revendiquant tous nos droits
Luttons pour la justice, liberté nous gagnerons
Avec les femmes, nous vaincrons!

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