·  by Par KEN NEUMANN et MERRAN SMITH   ·  The Hill Times

En ce qui concerne les matériaux de construction, le Canada peut profiter de son avantage climatique, ou le perdre


Le nouveau président américain Joe Biden a établi un plan de 2 B$ US en vue d’édifier une économie propre aux États-Unis. Nous parlons de deux mille milliards de dollars!

Il s’agit d’un plan de grande envergure qui comprend, entre autres, la modernisation des infrastructures et des bâtiments publics à l’aide de la prochaine génération de matériaux de construction sobres en carbone.

Qu’achèteront les États-Unis? De l’aluminium, du ciment, de l’acier et du bois, les matériaux qui servent dans la plupart de nos projets de construction et dont la production représente une partie essentielle de l’épine dorsale économique du Canada.

La bonne nouvelle pour nous : en ce qui concerne l’empreinte carbone de ces matériaux de construction, le Canada jouit d’un unique avantage.

Grâce surtout à notre réseau de distribution d’électricité propre (dont 82% de la production est exempte d'émissions), les biens produits ici ont souvent une empreinte carbone plus faible que ceux fabriqués ailleurs. Compte tenu également de l’efficacité de nos fabricants et du fait qu’il est moins polluant d’expédier des matériaux de l’autre côté d’une frontière terrestre que d’un océan, il devient évident que l’avantage du Canada lui procure aussi l’occasion non seulement d’améliorer la construction ici même, mais aussi de contribuer aux rénovations chez nos voisins du Sud.

On ne devrait pas sous-estimer l’envergure de ce projet. Les bâtiments représentent 13% des émissions de carbone au Canada, et lorsqu’on y ajoute les infrastructures, comme les routes et les aéroports, le pourcentage est même plus élevé. Bref, nous ne pouvons atteindre notre objectif de carboneutralité d’ici 2050 à moins d’améliorer la construction, tout comme ne peut y arriver l’Administration Biden.

En plus de réduire la pollution, le fait d’«acheter propre» et d’investir dans la construction publique crée également des emplois à un moment crucial où notre économie se relève. Ces avantages économiques et en matière d’emploi sont décrits dans le dernier rapport de Blue Green Canada, lequel recommande trois mesures permettant de tirer parti de l’avantage que présente la faible empreinte carbone du Canada.

Premièrement, les gouvernements devraient s’assurer que toutes les dépenses publiques priorisent des matériaux, carburants et processus sobres en carbone, ce qui créera de nouveaux marchés, soutiendra les emplois et stimulera la demande de ces produits.

À titre d’exemple, le ciment Portland au calcaire fabriqué au Canada contient jusqu’à 10% de moins de carbone intrinsèque que le ciment Portland ordinaire, et il coûte le même prix. Si on l’utilisait exclusivement à l’échelle du pays, nous réduirions nos émissions de carbone polluantes de plus d’un million de tonnes chaque année.

Deuxièmement, nous avons besoin d’une stratégie de décarbonisation afin d’évaluer l’avantage de la faible empreinte carbone des industries et des fabricants canadiens. Nous devons faire la démonstration de technologies à fort potentiel qui réduisent davantage l’empreinte carbone des fabricants canadiens, les commercialiser et les promouvoir, tout en nous assurant que nos produits deviennent les plus durables au monde et qu’ils soient ainsi reconnus.

L’industrie sidérurgique canadienne compte déjà parmi les plus propres au monde, et pourtant le Canada achète plus de 7 G$ par année d’acier et d’aluminium étrangers contenant habituellement plus de carbone. L’acier fabriqué à une aciérie de l’Ontario, par exemple, compte trois fois moins de carbone que l’acier américain, et il est environ 80 plus propre que l’acier chinois.

Finalement, le gouvernement fédéral devrait établir un fonds Défi axé sur une infrastructure propre afin d’encourager l’utilisation de matériaux sobres en carbone dans la construction des infrastructures publiques. Le défi mettrait en valeur le potentiel de ces solutions à utiliser dans toutes les formes d’infrastructure.

Ce fonds ponctuel consacré aux projets publics auquel auraient accès les provinces, les territoires, les municipalités et les communautés autochtones permettrait de soutenir les projets qui réduisent la pollution grâce à l’utilisation de matériaux de construction à faible teneur en carbone.

Ensemble, ces mesures contribueraient à créer un écosystème plus robuste propice à la construction de bâtiments propres au Canada, débloquant des occasions manquées de réduire la pollution, tout en soutenant les fabricants canadiens par la création de conditions favorisant la concurrence et l’accès à un marché mondial de plus en plus propre.

Nous possédons déjà l’avantage. Il est temps que le Canada mette sa force à l’œuvre.

Ken Neumann est le directeur national canadien du Syndicat des Métallos.

Merran Smith est la directrice générale de Clean Energy Canada. 

Blue Green Canada est une alliance entre des syndicats canadiens et des organisations à vocation environnementale et de la société civile qui protègent la population ouvrière et l’environnement par la promotion de solutions environnementales ayant des effets positifs sur l’emploi et l’économie.

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