·  by Lena Green, section locale 5220, AltaSteel Edmonton

Réflexions sur la Conférence mondiale de l'ILGA 2022


En mai dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à la 30e Conférence mondiale de l'ILGA, organisée par le projet It Gets Better. Depuis les années 1970, les conférences mondiales de l'ILGA ont réuni des dirigeants et des militants LGBTQ2SIA+ du monde entier. J'ai eu l'honneur de représenter le District 3 des Métallos à la conférence.

La conférence m'a beaucoup appris sur les luttes auxquelles les personnes LGBTQ2SIA+ sont confrontées quotidiennement. J'ai vécu ma vie comme lesbienne autochtone et je connais les difficultés que cela comporte. La plus grande leçon de la conférence a été de réaliser que je vis une vie privilégiée. Entendre parler des difficultés et des luttes que les participants ont endurées pour assister à la conférence a été tout un choc, sans parler des problèmes avec lesquels les autres communautés LGBTQ2SIA+ doivent composer, contrairement à notre communauté au Canada.

Dans l'un des premiers ateliers auxquels j'ai participé, j'ai appris les luttes des peuples autochtones bispirituels de Colombie. En Colombie, il existe une ségrégation entre les peuples autochtones et colonisés. Les peuples autochtones sont séparés de la société, comme les réserves ici en Amérique du Nord, mais contrairement à nos réserves, si vous êtes une personne autochtone LGBTQ2SIA+, vous êtes expulsé de cette communauté. Vous êtes déplacé, sans domicile et sans accès aux produits essentiels. Vous avez nulle part où aller et personne vers qui vous tourner. L'objectif principal de cette personne venant à la conférence était de raconter son histoire sur la façon dont les peuples autochtones et LGBTQ2SIA+ sont traités et de trouver des moyens d'obtenir de soutien pour les communautés en Colombie. Ce que j'ai appris de cet atelier concernait tous les différents groupes autochtones du monde entier et que le terme «peuple autochtone» ne s'applique pas seulement à l'Amérique du Nord. J'ai également appris que la ségrégation est toujours un énorme problème dans d'autres pays et que les individus continuent à être séparés de leur famille et de leur communauté en raison de leur orientation sexuelle.

Pendant les ateliers bispirituels, j'ai rencontré quelques personnes qui travaillent avec des jeunes bispirituels ici à Edmonton. Rencontrer ces personnes m'a ouvert les yeux car ils ont partagé des statistiques très étonnantes. Une statistique choquante était que les jeunes bispirituels ont le taux de suicide le plus élevé au monde. Cette statistique est due aux luttes quotidiennes auxquelles ils sont confrontés avec l'abandon de leurs familles qui ont été colonisées. On leur dit souvent qu'ils ont tort d'être homosexuels et que ce qu'ils sont est contraire à la Bible, et ainsi de suite. À l'époque, être une personne bispirituelle était célébrée. Vous avez pu marcher sur le chemin des lignées féminines et masculines, et vous étiez considéré comme le soignant ou le guérisseur de la tribu. Les personnes bispirituelles étaient très appréciées dans la tribu, alors qu’aujourd'hui, les gens sont humiliés et exclus s'ils s'identifient comme bispirituels.

Un autre événement révélateur s'est produit lors de la réunion du conseil nord-américain à la conférence. Il a été suggéré que quelqu'un avait proposé un amendement au conseil pour qu'une personne bispirituelle ait un siège au conseil d'administration de l'ILGA. À l'époque, mon opinion était qu'avoir une place à la table était un pas en avant, mail ils m'ont tous les deux fait réaliser que le problème s'agissait plutôt de la façon dont la résolution d'amendement avait été présentée. Cette proposition ne permettait pas de déterminer si le membre devant se joindre au conseil devait être bispirituel ou autochtone. Il est devenu clair que la signification de bispiritualité ne s'applique pas seulement aux peuples autochtones d'Amérique du Nord. Être bispirituel, c'est pour tous ceux qui viennent d'un pays colonisé où les peuples autochtones ont perdu leurs traditions culturelles. Par conséquent, si vous avez une personne bispirituelle au sein du conseil, vous distingueriez les Autochtones de la communauté PANDC (personnes autochtones, noires et de couleur). Il a été décidé à la fin de la réunion que la proposition serait retirée de la table et discutée correctement de la manière dont le conseil souhaite avancer.

Au cours d'une soirée à la conférence, j'ai rencontré un homme du Venezuela. Il a partagé son histoire sur les difficultés auxquelles il a été confronté lors de son voyage à la conférence. Son voyages était très difficiles car son passeport lui interdisait de voyager du Venezuela aux États-Unis. La restriction sur son passeport ne s'appliquait pas en Colombie, il a donc décidé de voyager à pied du Venezuela à la Colombie. Il a dû traverser deux rivières patrouillées par la mafia et la police, et toutes ses effets personnels ont été mouillés. À un point de contrôle de sécurité, les agents de sécurité ont fouillé à nu deux adolescentes devant lui, où il s'est retrouvé incapable à les aider. La moitié de ses bagages a été volée lors de ses voyages, et l'autre moitié est arrivée mouillée et déchirée. Il venait à la conférence pour représenter les communautés transgenres avec lesquelles il travaille et pour apprendre différentes stratégies d'autres pays sur la façon de combattre la haine et l'intolérance auxquelles les communautés LGBTQ2SIA+ sont confrontées. C'était assez choquant d'entendre parler des nombreuses difficultés, de la haine et de la peur qu'un homme a dû endurer pour assister à la conférence dans le but de trouver des moyens d'aider sa communauté au Venezuela.

L'un des principaux thèmes de cette conférence était les droits des transgenres, en se concentrant sur les jeunes de notre communauté. Après avoir suivi ces ateliers, j'ai réalisé qu'il fallait penser différemment pour lutter contre ce qui se passe dans le monde. Il nous faudra repartir de zéro, là où les enfants ne naissent pas avec des idéologies de genre. Cela signifie donner à nos enfants la possibilité de s'explorer et de décider comment ils s'identifient dans un environnement sûr et aimant, non seulement à la maison mais aussi dans la communauté. Cela signifie également ne pas identifier leur sexe en fonction de leur biologie à leur naissance, permettant aux enfants de grandir et d'explorer qui ils sont en tant que personne sans les étiqueter en fonction de leur sexe biologique. Nous devons apprendre à nos enfants qu'être différent ne signifie pas être ridiculisé ou intimidé et que vous êtes qui vous êtes à l'intérieur, même si cela ne correspond pas à qui vous êtes à l'extérieur. Cette façon de penser élimine la boîte initiale dans laquelle tous les enfants sont placés dès la naissance, ainsi que les obstables qui sont placé autour d'eux. Commençons par identifier tout le monde tout simplement en tant qu’être humain.

Je serai toujours reconnaissant d'avoir eu l'opportunité d'assister à cette conférence et d'approfondir mes connaissances sur les différentes communautés de notre monde. Ces types de conférences sont des occasions fantastiques pour les Métallos de s’informer tout en élargissant nos propres politiques de diversité et aider nos communautés locales. J'espère que cela fournira plus d'informations sur la communauté LGBTQ2SIA + et comment nous pouvons tous faire mieux pour construire un avenir plus sûr pour tous.

Solidairement,

Lena Green
Section locale 5220
AltaSteel Edmonton

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