Une nouvelle alliance réclame une réforme de l’indemnisation


Une nouvelle puissante force a vu le jour en politique ontarienne. L’Occupational Disease Reform Alliance (Alliance pour les réformes en matière de maladies professionnelles) ou ODRA, formée de groupes de travailleurs atteints de maladies professionnelles, demande au gouvernement de l’Ontario de remédier au système défaillant de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT).

«Tout le monde peut souffrir d’une maladie professionnelle, qu’il s’agisse d’un cancer, d’un trouble respiratoire ou de la perte de l’ouïe. La problématique avec les maladies professionnelles est que ceux qui en sont atteints peuvent ne pas faire le lien entre leurs symptômes et leurs expositions au travail», explique Sylvia Boyce, coordonnatrice de la santé et de la sécurité du District 6 du Syndicat des Métallos, qui assiste l’alliance.

«Un des principaux problèmes est la période latence. Au fil des ans, les gens peuvent avoir des symptômes, sans en connaître la cause et sans faire le lien avec les expositions au travail parce que ceux-ci ne se manifestent souvent pas pendant de nombreuses années», poursuit-elle.

Les maladies professionnelles peuvent être bénignes au début et s’aggraver avec le temps, et même causer la mort.

«Les gens sont exposés à beaucoup de cancérogènes et de substances toxiques à leur lieu de travail, et un grand nombre des expositions uniques ou multiples dont ils souffrent sont les causes connues de nombreux cancers professionnels, ajoute Sylvia Boyce.

La nouvelle alliance, l’ODRA, accroît la sensibilisation aux maladies professionnelles, tant auprès des gens atteints et leurs familles, qu’au sein du gouvernement de l’Ontario. L’alliance rassemble huit groupes de travailleurs de l’Ontario atteints de maladies professionnelles, ainsi que leurs défenseurs qui s’efforcent de faire reconnaître leurs maladies et de voir à ce qu’ils soient indemnisés.

Trop de personnes sont mortes de maladies professionnelles sans recevoir d’indemnisation de la CSPAAT même si leur maladie, leurs souffrances et leur décès prématuré étaient dus aux conditions dans leur lieu de travail. Les familles en souffrent également en raison des frais médicaux, de la réduction des revenus de leurs proches qui sont tombés malades, et parce que des membres de la famille ont aussi été atteints par suite d’expositions aux toxines ramenées au foyer par les travailleurs.

En 2019, Virginia Mackenzie a assisté à une séance de consultation à l’intention des travailleurs du caoutchouc du syndicat. Son époux, Ross Mackenzie, a été exposé au noir de fumée, au cadmium et à l’amiante à son travail chez le fabricant de pneus BFGoodrich et est décédé d’un cancer en 2007.

Sylvia Boyce mentionne que Virginia Mackenzie a aussi perdu deux enfants, un fils et une fille, et se demande s’ils ont été exposés aux toxines que son époux a ramenées du travail à la maison.

Le Syndicat des Métallos appuie l’ODRA

Notre syndicat croit en la lutte pour un système d’indemnisation juste et équitable qui verserait des indemnités aux travailleurs, retraités et conjoints tombés malades à cause de leur travail.

Le Syndicat des Métallos représente la majorité des travailleurs que défend l’ODRA, et les milliers de ceux qui font partie des quatre groupes de l’Ontario.

En plus de Sylvia Boyce, les Métallos suivants font bénéficier l’alliance de leur savoir et de leur expérience :

  • Andy LaDouceur et Adam Guizetti, SL 2251, travaillent avec d'ex-travailleurs de l’acier de Sault Ste. Marie et mineurs de Wawa.
  • Jessica Montgomery, SL 2020, collabore avec d'ex-travailleurs de la fonderie Neelon à Sudbury.
  • Janice Martell, représente le Projet de la poudre McIntyre.
  • Gord Assmann, retraité de la SL 677 et membre de l’ORME, représente le Projet des travailleurs du caoutchouc de l’Ontario.

«La CSPAAT a rejeté les demandes d’un grand nombre de travailleuses et travailleurs. Le système d’indemnisation de l’Ontario doit être restructuré afin que les travailleurs malades ou décédés reçoivent ce à quoi ils ont droit à juste titre aux termes de la Loi de 1997 sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail. Trop de demandes sont rejetées. Seulement 10% des demandes d’indemnisation des travailleurs du caoutchouc ont été acceptées, par exemple», indique Sylvia Boyce.

Les entreprises ferment, mais les maladies persistent

De nombreux lieux de travail où des personnes ont été exposées à des toxines et des produits chimiques n’existent plus. Il est donc plus difficile pour les veuves et les veufs de faire le lien avec le lieu de travail et de fournir les preuves qu’exige la CSPAAT pour justifier une demande.

«Les dossiers n’existent plus. Les données sur la santé et la sécurité au travail peuvent ne plus être disponibles. S’il y avait un Comité mixte de santé et de sécurité, les procès-verbaux et les fiches signalétiques ou autres dossiers pourraient être perdus. Il s’agit là d’un obstacle majeur à l’obtention d’une indemnisation pour les travailleurs», fait remarquer Sylvia Boyce.

L’ODRA présente quatre revendications au gouvernement

L’ODRA a tenu une conférence de presse virtuelle avec le député néo-démocrate provincial Wayne Gates à la fin d’octobre 2021 afin de demander au gouvernement de l’Ontario de remédier au système de la CSPAAT.

«Après avoir travaillé pendant des décennies, ces travailleuses et travailleurs ont été abandonnés non seulement par ces employeurs, mais aussi par le système qui était censé être là pour eux», a indiqué le député.

L’ODRA reçoit l’appui des syndicats, de la Fédération du travail de l’Ontario et des intérêts communautaires de l’Ontario Network of Injured Workers.

La FTO est solidaire des quatre revendications de l’ODRA, notamment les suivantes :

  • Indemniser les maladies professionnelles lorsque les niveaux d’affection d’un lieu de travail dépassent ceux dans l’agglomération voisine.
  • Élargir la liste des maladies indemnisables présumées être liées au travail.
  • S’appuyer sur la norme juridique appropriée, non pas sur la certitude scientifique.
  • Accepter le fait que de multiples expositions combinées sont la cause de maladies.

Le gouvernement de l’Ontario paie les employeurs au lieu d’indemniser les travailleurs

Plutôt que de remédier à un système d’indemnisation déficient, le gouvernement de l’Ontario a adopté une loi autorisant le remboursement aux employeurs de trois milliards de dollars en primes versées à la CSPAAT.

Dans le mémoire qu’il a présenté sur le projet de loi 27, la soi-disant Loi visant à œuvrer pour les travailleurs, le Syndicat des Métallos qualifie cette proposition de «prochaine étape dans un effort soutenu du gouvernement consistant à rédiger des chèques à même les fonds des travailleurs et à distribuer ces cadeaux aux entreprises».

«Les fonds économisés aux dépens des travailleurs blessés ou par le gel des budgets des organisations financées par la CSPAAT ne devraient pas être versés aux employeurs. Le désir du gouvernement de simplement distribuer cet argent aux employeurs témoigne d’un manque total de respect envers les travailleurs blessés et les organisations qui dépendent du financement de la CSPAAT», a fait valoir le syndicat dans son mémoire.

Les modifications que réclament l’ODRA doivent être apportées avant que des milliers d’autres travailleurs ne décèdent, et que des millions de gens ne sombrent dans la pauvreté.

«Exercez des pressions sur le gouvernement. Faites de la santé et de la sécurité une priorité. Investissez dans la prévention. Accordez des indemnités aux travailleurs blessés. La CSPAAT n’a pas été créée pour financer les employeurs», insiste Sylvia Boyce.

C’est ce que notre syndicat, le mouvement ouvrier et l’ODRA continueront de faire – accroître la sensibilisation au sujet des maladies professionnelles, appuyer les personnes qui en souffrent et forcer le gouvernement à remédier au système et à faire passer les travailleurs d’abord.

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