Les Métallos témoignent à l'Enquête d'intérêt public sur le dumping des barres d'armature

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De quel enjeu s'agit-il?
 
Le vendredi 31 juillet 2015, Ken Neumann, directeur national pour le Canada du Syndicat des Métallos, et Alex McKinnon, chef du Service de la recherche du Syndicat des Métallos (Métallos), témoigneront à l'Examen en matière d'intérêt public du Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE). Le témoignage des Métallos viendra appuyer le maintien des droits compensateurs actuellement en place sur les barres d'armature faisant l'objet de dumping de la part de la Chine, de la Corée du Sud et de la Turquie. Des enquêtes de l'Agence des services frontaliers du Canada et du TCCE ont révélé que ces pays pratiquaient le dumping de barres d'armature, c'est-à-dire qu'elles sont exportées au Canada à des prix inférieurs à ceux qu'ils obtiennent de leurs marchés intérieurs. Dans la décision qu'il a rendue en 2014, le TCCE a reconnu qu'un tel dumping s'avérait une menace pour l'industrie sidérurgique canadienne et, par conséquent, pour des milliers de Métallos. Si l'on considère qu'environ 20 000 Métallos travaillent dans l'industrie sidérurgique de base d'un océan à l'autre et que 100 000 autres membres de la population canadienne reçoivent un appui indirect de ce nombre , le commerce équitable de l'acier revêt une importance capitale pour l'intérêt public canadien. 
 
Pourquoi le Syndicat des Métallos y accorde-t-il de l'importance?
 
L'industrie sidérurgique de base emploie 20 000 Métallos dans des emplois syndicaux bien rémunérés. La sidérurgie contribue indirectement à appuyer plus de 100 000 emplois au pays. De nombreux analystes étant d'avis que le Canada est aux prises avec une autre récession, il y va de l'intérêt public de protéger chaque emploi au pays.
 
En quoi consiste l'intervention du Syndicat des Métallos?
 
Le Syndicat des Métallos travaille en partenariat avec les producteurs sidérurgiques canadiens dans le but d'expliquer clairement au TCCE l'importance, pour l'intérêt public, de maintenir les droits sur les barres d'armature faisant l'objet de dumping. Dans le mémoire qu'ils ont présenté au Tribunal le 6 juillet 2015, les Métallos affirment que la diminution ou le retrait des droits risque d'engendrer le début du nivelage par le bas en dressant injustement les travailleurs canadiens contre leurs semblable chinois, sud-coréens et turcs. En réalité, les prix inférieurs auxquels ces pays exportent leurs barres d'armature au Canada dénotent leur indifférence envers des salaires convenables, la santé et la sécurité de leurs travailleurs et l'environnement. 
 
Le mémoire des Métallos fait valoir les quatre points suivants : 
 
• Une préoccupation particulière porte sur le dumping des barres d'armature de la Chine, le plus important exportateur de ces produits au Canada dont il est question dans ces audiences . Les fabricants chinois bénéficient de politiques qui ne sont pas à la disposition des entreprises canadiennes, et elles ne devraient pas non plus souhaiter en profiter. Par exemple, les travailleurs chinois gagnent 1,77 $ CA l'heure . Selon certains économistes, de tels coûts de main-d'œuvre sont partiellement possibles grâce à l'interdiction des syndicats en Chine, ce qui représente 39 % de l'avantage financier de ce pays . De plus, parce que la Chine ne pratique pas l'économie de marché, la production et les ventes ne sont pas rationnelles au plan économique, alors que la situation est différente au Canada. Pour les entreprises d'État qui fabriquent des produits d'acier, l'exigence consiste à maintenir l'emploi, non pas à réaliser des profits. Par conséquent, la production d'acier, qui bénéficie de l'aide gouvernementale, demeure élevée malgré une faible demande intérieure.
 
• Combinés aux faibles coûts de main-d'œuvre, les régimes déficients sur la santé et la sécurité des travailleurs qui prévalent en Chine représentent 42 % de l'avantage financier issu de la fabrication de produits comme les barres d'armature . C'est au détriment de la santé et de la sécurité des travailleurs qu'il est possible de réaliser de telles économies. En Chine, les blessures et les maladies professionnelles comme la silicose, la byssinose et les cancers provenant du contact avec des déchets toxiques sont endémiques . Les normes sur la santé et la sécurité sont tout aussi troublantes en Corée du Sud et en Turquie : de 2008 à 2013, ces deux pays ont enregistré des taux de mortalité en milieu de travail parmi les plus élevés des membres de l'OCDE.
 
• Contrairement aux barres d'armature fabriquées au Canada, celles que produisent les usines chinoises ne sont pas soumises à des normes environnementales suffisantes. L'industrie sidérurgique de la Chine est un des plus importants participants au réchauffement climatique; en effet, certains jours, 25 % de la matière particulaire prélevée dans l'air des villes de la côte ouest est attribuable à la Chine.
 
• L'enjeu ici ne consiste pas uniquement à préserver n'importe quels emplois, mais des emplois syndiqués. Des études ont prouvé que ces emplois syndiqués servent l'intérêt public en combattant l'inégalité , en renforçant les économies locales et en favorisant l'engagement civique .
Pour ces raisons, le Syndicat des Métallos est d'avis qu'il y va de l'intérêt public de maintenir les droits compensatoires actuellement en place. Une fois les présentes audiences terminées, le Tribunal fera connaître ses constatations en septembre 2015 et recommandera peut-être au ministre des Finances d'abaisser les droits
 
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i Warrian, Peter. «The Importance of Steel Manufacturing to Canada – A Research Study» (mai 2010), 20.
ii Statistiques Canada. «Base de données sur le commerce international de marchandises du Canada : Tableau 990 0072 72. Importations – Fonte, fer et acier 721420 et 721310», (2014), site Web, accès le 30 juin 2015.
iii Banister, Judith et George Cook. «China’s employment and compensation costs in manufacturing through 2008», dans Monthly Labor Review, en ligne (mars 2011), accès le 14 juin 2015,1.
iv Navarro, Peter. «The Economics of the "China Price"», in China Perspectives, en ligne, 68 (Novembre – Décembre 2006), en ligne depuis le 1er décembre 2009, accès le 14 juin 2015, 14.
v Standard and Poor’s, «Poor Profits and Overcapacity Dampen the Outlook for Steel in China» (6 juin 2010), et Neil Gough, «For Chinese Economy, Strengths Are Now Weaknesses», site Web du New York Times (11 mars 2015), accès le 30 juin 2015.
vi Supra note v à 14
vii Ibid à 6
viii «S. Korea third among OECD members in work-related deaths», site Web de Yonhap News Agency (octobre 2014), accès le 30 juin 2015.
ix Alliance for American Manufacturing, «An Assessment of Environmental Regulations of the Steel Industry in China» (mars 2009), 2.
x Paul Krugman. «The Conscious of a Liberal», janvier 2009, 48-51, et Florence Jaumotte et Carolina Buitron, «Le pouvoir et le peuple», Fonds monétaire international, Finances et développement, en ligne, vol.52, no 1 (mars 2015), accès le 14 juin 2015.
xi Bryson, Alex, Rafaeil Gomez, Tobias Kretschmer et Paul Willman. «Workplace Voice and Civic Engagement: What Theory and Data Tell Us About Unions and Their Relations to the Democratic Process», Osgoode Hall Law Journal (2013), 965.

 
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